Cette première semaine de stage n'a pour être honnête pas été des plus palpitantes. Je vous entends d'ici vous dire "Ayé, elle va encore se plaindre", "elle est jamais contente", "la chieuse, le retour", ou autres expressions plus imagées. Vous n'avez ptet pas tort !
Je vais expliciter tout ça.
Mardi matin, premier jour du stage, j'arrive à la gare de S. super en avance
(pas le choix à cause des bus). J'attends Caro et on se rend à la bib, où on arrivera pile en même temps que la directrice. Notre
"maitre de stage" est normalement Anne, mais comme elle n'est pas là ce jour là, c'est
Eric qui nous fait la visite de la bib et nous montre diverses choses. Haaaa Eric, notre
maître Yoda à nous. Un homme pas tout jeune, bien barbu, et surtout
très très gentil. La bienveillance incarnée. Il a un côté un peu à l'ouest, mais il est adorable. Ce qui était bien, c'est qu'on a vu que notre arrivée avait été préparée. Il nous a donné un organigramme avec les photos du personnel, un planning, et une fiche expliquant en quoi consistera notre étude thématique. Voilà où se situe le principal problème, cette
étude thématique...
J'explique:
On devra rendre à l'issue des deux mois et des poussières de stage un
"mémoire de stage": une partie purement descriptive type rapport de stage classique, et une partie plus "réfléchie" on va dire, une étude thématique donc, sur un des aspects du stage. En général, les bibliothèques habituées aux stagiaires ont déjà des idées de thèmes qui pourraient leur être utiles. Du genre
"réactualiser le fonds de sciences sociales" ou
"passer de la CDU à la classification Dewey" (miam, passionnant !). La médiathèque où Caro et moi faisons notre stage nous a mis sur le même sujet: analyser la salle d'études et proposer des solutions pour la rendre plus attractive. La salle d'études est un petit espace de la médiathèque où il y a des tables pour bosser et des ouvrages de références, des usuels, etc.
(c'est surtout un gros fourre-tout si vous voulez mon avis !). Bref.
Où est le problème me demanderez vous ?
Déjà, le fait qu'on soit toutes les deux sur le même sujet est un premier problème. Il va nous falloir bosser ensemble mais trouver deux
problématiques différentes pour ne pas pondre un mémoire identique.
Le deuxième problème, c'est le planning qui prévoit que les deux premières semaines du stage, on ne bosse
que sur cette salle d'études.
Rien d'autre. Pas d'accueil du public, pas de découverte des diverses activités de la bib, pas de catalogage, d'équipement, de recherche documentaire, etc etc.
Concrètement:
Notre première semaine a surtout consisté à passer le plus clair de notre temps dans cette salle d'études à regarder un par un les quelques
1800 bouquins qui s'y trouvent. Voir quand ils ont été édités, leur état, s'ils sont bien à leur place dans cette salle, etc. Voilà pourquoi j'étais courbaturée le premier jour, après
5 heures passées à prendre un par un des livres pas légers légers
(ben ouais, ce sont des usuels, pas des livres de poche !), à me baisser, à me relever. Bref, que du bonheur ! Je vous rassure, nous n'avons pas fait que cela de toute la semaine. Quoique pas loin, parce qu'il y avait de quoi faire ! C'était
un peu le bazar dans cette salle, et surtout que de vieilleries ! Beaucoup de livres des années 1970 et même d'avant les années 1960 (y'a un bouquin de
1889 !). On a réfléchi à nos problématiques, qu'on a pas trouvées, même si diverses pistes nous sont venues à l'esprit. On a aussi établi un mini questionnaire
(reusement que quelques uns de mes souvenirs du cours de "construction d'enquête" de 2ème année de socio me sont revenus à l'esprit !), qu'on a fait passé à une dizaine de personnes fréquentant la salle d'études. D'ailleurs j'étais plutôt contente de moi car j'ai réussi à aborder les gens sans trop de craintes
(comme quoi ma timidité est parfois contrôlable). Donc avec tout ça, on a fait des tableaux excel et des camemberts pour montrer combien de livres de telle ou telle décennie il y a pour chaque domaine
(46% de livres des années 70 pour tout ce qui psycho/philo !), et on a fait un petit bilan des résultats de l'enquête par questionnaire
(pas très concluant avec 16 réponses !).
Et le reste du personnel ?
On a été vraiment
livrées à nous mêmes, à nous démerder sans vraiment savoir quoi faire avec toutes ces données et quelles sont leurs attentes précises. Ce n'était pas de leur faute, car on est arrivées en pleine semaine des marchés publics, c'est-à-dire la semaine où ils devaient tous boucler des dossiers avec leurs choix de fournisseurs et pleins de trucs compliqués de ce style, c'était un peu
le rush. Donc pas beaucoup de temps pour nous. Reusement qu'
Eric était là pour nous rendre visite et s'assurer que nous n'avions pas dépéri dans notre salle d'études ! Anne - qui est notre "maitre de stage", c'est marqué sur les conventions - ne nous a pas adressé 3 mots de la semaine,
ça promet !
Ce qui est surtout embêtant dans cette situation, c'est que ce n'est pas facile de faire son trou dans ces conditions. Pas beaucoup de contact ni avec le personnel ni avec le public ne permet pas de se sentir
"chez soi". J'aurais préféré qu'on soit intégrées dans le planning comme le reste du personnel. Y'a que comme ça qu'on apprend.
Et là j'ai peur qu'on apprenne pas grand chose. Et en plus de tout ça, parano comme je suis, j'ai toujours peur que les "collègues" nous jugent, comme s'ils pensaient qu'on ne faisait rien parce qu'ils ne nous voient pas ou presque de la journée. Et puis qu'ils se disent que je suis
pas intéressante, parce que je parle pas beaucoup.
Et puis tant d'autres choses encore...
La suite du planning
Après ces 2 semaines consacrées exclusivement à notre étude thématique, on devrait
enfin découvrir les différentes sections la 3ème semaine, grâce à des présentations l'après midi. Ce n'est qu'au bout de la 4ème semaine qu'on aura enfin
le droit de faire de l'accueil, du prêt, tout ça !
Vivement !
Mais l'autre problème qui m'embête, c'est qu'avec Caro on a toujours exactement le même planning, et ça me plait moyen. Elle est très gentille, et à l'IUT on s'entendait très bien. Mais on était pas dans le même groupe, donc on ne se voyait pas tout le temps... et ça me suffisait ! Là après 5 jours à passer près de 9h non-stop avec elle par jour,
je sature un peu... Et en plus on va avoir exactement les mêmes choses à écrire dans notre mémoire...
Les points positifs
Parce que
oui, il y en a, ouf ! Déjà, et malgré tout ce que j'ai pu dire avant, heureusement qu'on est deux pour cette étude thématique, parce qu'il y a du boulot et que si j'avais été seule à le faire j'aurais sérieusement déprimé !
Et puis, le personnel est quand même bien
sympathique, il y a l'air d'y avoir globalement une
bonne ambiance ! Le cadre et la bib sont chouettes. Le midi on mange à une cantine,
un vrai repas, ça me change des sandwichs quotidiens de l'IUT ! Et puis il y a Eric. Et puis si ça se trouve le reste du stage sera plus palpitant.
Et puis deux mois et demi ça passe vite !
Et puis demain, c'est lundi, et le lundi, pas de bibli !